La boulimie

La boulimie, qu’est-ce que c’est ?

La boulimie est un Trouble du Comportement Alimentaire (TCA). Il se traduit par la survenue incontrôlable d’une absorption très importante d’aliments bourratifs, riches en calories et facile à ingérer, souvent dans un temps limité.
La boulimie apparait généralement à l’adolescence et toucherait davantage les filles. Néanmoins les garçons seraient aussi concernés mais moins pris en charge. L’idée que c’est un problème de filles retarderait le moment de demander de l’aide par peur de ne pas être pris au sérieux. Pour autant un certain pourcentage de garçons seraient également préoccupés par leur poids et leur apparence.

 

 

Au début, on ressent une vague sensation envahissante et oppressante de faim souvent accompagnée d’angoisse et d’irritabilité. Puis, une ou plusieurs fois par jour, voire par semaine, on éprouve le besoin irrépressible de manger, sans pouvoir se contrôler ni s’arrêter. Souvent cela se fait en cachette, à l’abri des regards. Ces moments-là sont appelés « crises ».

Le corps dans tous ses états

La fin d’une crise survient souvent lorsqu’il n’y a plus rien à manger, que l’on a mal au ventre, que l’on se sent étouffé, ou lorsqu’un événement extérieur vient interrompre le moment. On ressent parfois un soulagement temporaire ou alors un profond malaise physique avec des douleurs et des tensions abdominales, des nausées, des maux de tête ou une fatigue intense.

La boulimie ne s’accompagne pas toujours comme on pourrait le penser d’une prise de poids car justement la peur d’en prendre est présente. Après les crises on peut ressentir un malaise physique et psychique, viennent alors les vomissements répétitifs et la prise de médicaments (laxatifs par exemple) pour éliminer les aliments ingérés ou encore un jeûne, une alcoolisation massive ou une activité sportive excessive. Ce qui n’est pas sans danger pour la santé car ces comportements peuvent être à l’origine de dysfonctionnements voire de maladies physiques (lésions de l’œsophage, troubles rénaux, diverses carences, problèmes dentaires etc…). Lorsqu’il n’y a pas de comportement de compensation (c’est-à-dire de vomissements ou de prise laxatifs) cela peut entraîner un surpoids voire une obésité.

La boulimie, pourquoi ?

Il est difficile de déterminer ce qui pousse à avoir recours à la boulimie car chaque personne est différente et a son histoire personnelle. Cependant cela vient révéler un mal-être profond. Tentons d’explorer quelques hypothèses.

Les crises de boulimie entraînent la plupart du temps un fort sentiment de honte, des remords, une certaine culpabilité, un mépris de soi-même, une impression d’être difforme ou d’avoir perdu le contrôle de soi.
Mais alors pourquoi s’infliger de telles souffrances ? La boulimie interroge le rapport que l’on a avec son corps, un corps qui selon l’âge se transforme et devient parfois comme étranger.
Le besoin de se remplir pourrait être une façon de reprendre pour un temps le contrôle sur ce corps changeant. Souvent c’est aussi une solution trouvée afin de remplir un vide affectif intense, de combler un besoin vital.
Quel serait ce besoin vital ? Peut-être un besoin d’attention et d’amour. Manger de grandes quantités d’aliments devient une préoccupation qui prend toute la place. Cela empêche alors de penser à ce que l’on ressent (angoisses, peurs, tristesse etc…), de passer sous silence des émotions internes difficiles à supporter. C’est parce que la bouche ne peut articuler certaines choses qu’on la remplit de nourriture. La boulimie peut aussi survenir à la suite d’évènements difficiles liés à la séparation, comme un deuil, une rupture amoureuse ou amicale, un changement professionnel ou encore un déménagement etc… Ce trouble peut-être aussi une compensation, un moyen de pallier les traumatismes et /ou les frustrations passés.

Pour pouvoir comprendre d’où proviennent ce besoin de se remplir, et cette souffrance qui l’accompagne, il est important de faire appel à un professionnel (psychologue, psychiatre par exemple). Pouvoir parler de ce qui ne va pas permet de prendre conscience de ses ressentis, de prendre un peu de distance et d’éviter ces comportements destructeurs. Pour cela, il existe des lieux gratuits destinés aux jeunes. N’hésitez pas à appeler Fil Santé Jeunes au 0800 235 236 pour en parler et/ou obtenir une adresse.