Le syndrome de la souris

Le syndrome de la souris regroupe l’ensemble des troubles musculosquelettiques apparus consécutivement à l’utilisation d’une souris d’ordinateur, et d’un ordinateur plus généralement (définition incluant les douleurs dues à la frappe et à la vision sur écran).

Les troubles musculosquelettiques, de façon générale, apparaissent après des mouvements répétitifs, un effort excessif ou des positions articulaires extrêmes, et se traduisent par des dommages et douleurs au niveau des tissus mous (muscles, tendons et nerfs). Ce terme fourre-tout peut donc refléter une variété impressionnante de pathologies, différentes par leurs origines, leurs distributions et leurs manifestations.

 

 

Le syndrome de la souris, cas particulier de trouble musculosquelettique, n’est pas non plus une pathologie mais un ensemble de pathologies diverses et variées. C’est notamment pour cette raison qu’il est important de prendre rendez-vous avec votre médecin dès les premières douleurs afin de déterminer la pathologie exacte dont vous souffrez, afin d’adapter au mieux le traitement.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes ressentis par les personnes atteintes de tels troubles sont généralement très variables.

On recense par exemple :

  • des douleurs dans le cou, les épaules, les poignets ou les mains au moment de l’utilisation d’un ordinateur.
  • des raideurs, inconforts, tensions, endolorissements ou brûlures dans les doigts, mains, poignets, avant-bras ou les coudes.
  • des fourmillements, froideurs, douleurs nocturnes et engourdissements, notamment dans une zone autour du pouce.
  • une maladresse ou perte de force dans les mains.

La douleur dans les extrémités (doigts, paume, bras…) reste le premier avertisseur d’un trouble musculosquelettique. Cette douleur peut néanmoins être de différent type : brûlante, sourde ou aigüe. Elle peut également être locale (par exemple au niveau d’un seul doigt) ou diffuse (dans le bras entier).

Attention à ne pas négliger une douleur qui apparaîtrait localement ! Une douleur au niveau de l’index et du majeur s’est déjà vue transférée au niveau du pouce, puis du poignet et du coude, paralysant en quelques jours l’utilisation d’un bras.

Attention à ne pas uniquement surveiller les symptômes douloureux. Un syndrome de la souris peut manifester par des façons non douloureuses, comme une maladresse ou perte de force dans les mains (voir la liste ci-dessus).

Pourquoi ces symptômes apparaissent-ils ?

L’utilisation d’une souris d’ordinateur s’accompagne de gestes et postures qui peuvent être néfastes pour votre santé. La dangerosité du clic prête souvent à sourire, mais c’est oublier que cette action est répétée plusieurs centaines, plusieurs milliers de fois par jour. Voici quelques-unes des conséquences néfastes pouvant accompagner l’utilisation d’une souris et entraîner un syndrome de la souris :

  • sur-utilisation de certains muscles (clics à répétition, utilisation de la molette de la souris pour faire défiler l’écran, …).
  • contraintes maintenues constantes sur les tendons (comme par exemple lors du glisser-déplacer d’une fenêtre).
  • postures extrêmes des articulations (pour les doigts, notamment lors de la recherche de touches du clavier excentrées ; pour l’épaule, rotation importante pour aller chercher la souris à droite du clavier ; pour le coude, extension pour aller chercher la souris loin sur son support, …).

Quelles sont les régions touchées ?

Les principales régions corporelles concernées par le syndrome de la souris sont :

  • l’épaule
  • le poignet
  • le coude
  • la main et les doigts

De façon moins importante, les régions suivantes peuvent également être touchées :

  • les cervicales
  • l’avant-bras
  • le bras
  • les vertèbres dorsales
  • les vertèbres lombaires

Régions corporelles pouvant être atteintes d’un syndrome de la souris.

L’utilisation de “syndrome du canal carpien” comme synonyme de “syndrome de la souris” est donc erronée : le syndrome du canal carpien ne concerne qu’une douleur au niveau des poignets due à la compression du nerf médian, et n’englobe pas l’ensemble des douleurs autrement distribuées.

Qui sont les sujets à risque ?

Potentiellement, tout utilisateur d’un ordinateur peut se retrouver un jour victime du syndrome de la souris.

Les utilisateurs passant beaucoup de temps devant leur écran pour leurs loisirs ou leur métier sont évidemment plus exposés que les autres.

Une étude d’Armstrong et al. (1994) identifie les arts graphiques, la conception assistée par ordinateur, la programmation et les travaux comptables comme tâches associées à une utilisation intensive de la souris. Les auteurs mentionnent le fait que même si ces tâches ne nécessitent pas le même nombre de répétitions que l’on peut trouver lors de la saisie de données, elles sont souvent effectuées par “des personnes hautement motivées incitées à travailler aussi vite que possible”, et constituent donc des tâches à risque.

Pascarelli et Quilter dressent quant à eux une liste des facteurs de risque possible. Vous avez plus de risques de développer un syndrome de la souris que l’individu lambda si :